Description

Le projet réalise la recherche et l'analyse comparative dans 5 pays d'Europe (Espagne, France, Belgique, Suisse et Danemark) de la situation des enfants et adolescents immigrants qui entreprennent le processus migratoire majoritairement sans l'accompagnement d'adultes, sans avoir non plus de réseau de soutien social, ou alors très affaiblis, dans les pays d'accueil. Cette population est formée principalement d'enfants et d'adolescents, mineurs, dont la majorité provient de pays extérieurs à la communauté européenne, qui souffrent de graves crises sociale et économique et/ou de pays aux régimes politiques autoritaires - pays qui se caractérisent tous par une grande instabilité. Le séjour de ces enfants et adolescents dans les pays européens a pour particularité fondamentale la fragilité et la vulnérabilité auxquelles ils sont exposés : nombre d'entre eux sont soumis à une violence sociale intense, qui les place dans une position de grand risque social.

Au travers de l'étude de la situation de chaque pays, de la connaissance des politiques internationales, nationales et des modèles d'intervention qui s'y appliquent, un réseau pluridisciplinaire de spécialistes pourra être formé, réseau dont l'intervention influera, directement et indirectement, de façon positive, sur les groupes de référence. De même, aussi bien les professeurs que les professionnels qui interviennent auprès de ce collectif deviennent des « diffuseurs naturels » dont les activités - l'enseignement et l'activité professionnelle en elle-même - donnent lieu à une diffusion et à une sensibilisation sociale autour de la prévention de la violence envers ces mineurs.

Le cadre de travail est un cadre digital qui permet aux participants du projet de travailler de façon coopérative, virtuelle et décentralisée. Ce cadre digital est non seulement un outil clé dans le processus de travail ; il devient aussi un outil de diffusion de la recherche en elle-même.

Les résultats de tout le processus se traduisent par la création d'un Rapport Comparatif et d'un Document de bonnes pratiques dont le but est d'établir une liste des politiques et des compétences nécessaires pour prévenir la violence et faciliter l'aide et l'intégration sociale de ces enfants et adolescents.

Historique et préparation du projet

Les origines de ce projet se situent à la fin des années 80 et au début des années 90, lorsque différentes institutions européennes commencent à détecter un phénomène migratoire nouveau qui commence à émerger. Si jusqu'alors les flux migratoires transnationaux étaient représentés en grande majorité par des adultes, il commence à apparaître des mineurs migrants non accompagnés, c'est-à-dire des mineurs qui se déplacent majoritairement sans un référent adulte qui les prennent en charge.

Bien que les migrations de mineurs aient déjà eu lieu auparavant dans l'histoire de l'Europe, c'est seulement alors qu'elles sont vues dans une perspective protectionniste, c'est-à-dire en offrant aux mineurs la nécessité d'être protégés et pris en charge par l'administration.

Ceci commence à croître de façon graduelle, et déclanche une préoccupation et une alarme sociale progressive dans plusieurs pays récepteurs d'enfants et d'adolescents. En Catalogne (Espagne), cette situation est vécue aussi par un groupe de professionnels de l'intervention qui voient comment la population traditionnelle dont ils s'occupaient se voit modifiée par l'arrivée d'enfants et d'adolescents qui entreprennent seul le processus de migration.

En l'an 2000 en Catalogne, année au cours de laquelle a lieu la demande de programme Daphné, la connaissance de ce phénomène était balbutiante et imprécise. L'information dont on disposait était que ce collectif était formé majoritairement par des enfants et adolescents de sexe masculin provenant en majorité de pays du Maghreb (Marroc et Algérie) qui se déplaçaient en Espagne dans l'optique de régulariser leur situation légale et de trouver un travail grâce auquel ils pourraient contribuer à l'amélioration de la situation économique de leur famille.

Pour les administrations espagnoles qui prenaient en charge cette population, il est apparu, surtout, que ces enfants et adolescents refusaient majoritairement les possibilités et les moyens qui leur étaient offerts, que leurs demandes étaient très différentes de celles des mineurs du pays d'accueil et qu'ils développaient des attitudes violentes et commettaient fréquemment des délits. La sensation d'être débordés et d'agir sans direction précise était alors présente à chaque minute. Une des hypothèses les plus répandues à ce moment était la mobilité intense de ces mineurs : on pensait alors que l'Espagne était un pays de passage en vue d'une installation ultérieure dans d'autre pays de la communauté plus propices. Par ailleurs, on pensait aussi que ces enfants et adolescents provenaient majoritairement de familles déstructurées, et même il se disait qu'un grand nombre d'entre eux étaient des enfants des rues dans leurs pays d'origine, contrairement à l'opinion des professionnels qui travaillaient directement avec eux.

Si les administrations étaient débordées, la sensation de désorientation et de frustration était très répandue au sein des professionnels de l'intervention. L'ignorance des particularités de ce collectif, l'inadéquation des moyens à leurs demandes, les difficultés liées à la compréhension des différences culturelles et les problèmes linguistiques faisaient que le travail socio-éducatif avec ces mineurs n'atteigne pas les résultats attendus.

C'est pourquoi la Fondation Pere Tarrés - Universidad Ramón Llull commença une série de réunions avec des professionnels de différentes disciplines dont l'axe commun était le travail direct d'intervention auprès des collectifs en question. Leur aide nous permet d'établir des lignes fondamentales de connaissances pratiques sur la question qui, ajoutée à l'expérience théorique des professionnels de l'organisation coordinatrice et à la recherche documentaire effectuée, légitime l'élaboration, le développement et la planification de ce projet.

Dans le but de limiter cette sensation de frustration face à la méconnaissance de cette nouvelle réalité en Catalogne et la volonté de lui accorder une dimension plus globale où plusieurs pays européens serait impliqués, , la Fundación Pere Tarrés- Universidad Ramón Llull profite de l'opportunité offerte par le programme Daphne de l'Union Européenne (prévention de la violence envers les enfants, les jeunes et les femmes) et présente un projet intitulé CONRED : Communauté virtuelle contre la violence exercée à l'égard d'enfants et d'adolescents sans réseau de soutien social.

Objectifs

systématiser la connaissance du phénomène des mineurs migrants non accompagnés dans l'espace européen, en insistant sur la transnationalité de cette réalité. Mettre en lumière les caractéristiques partagées par ce collectif dans les pays européens dans lesquels ils se trouvent, et les différences qui y apparaissent.
sensibiliser et étendre la connaissance de ce collectif à la société en général, pour en finir avec les images d'Épinal et les discours existants qui s'appuient généralement sur des données peu rigoureuses et ambiguës.

créer et dynamiser un espace Internet grâce auquel pourra s'effectuer la transmission, la diffusion et la communication autour de ce phénomène

Méthodologie

Le processus a été dirigé et coordonné par une équipe de la Fondation Pere Tarres - Universidad Ramon Lull de Barcelone. Au cours de cette première phase, celle-ci a été responsable de la mise en place de l'orientation et de tout le suivi télématique de l'élaboration des rapports des partenaires.

2 réunions bimensuelles ont aussi été réalisées à Barcelone, une au début et l'autre à la fin du processus:
Première réunion les 18 et 19 février 2001 : présentation de tous les partenaires et définition de la méthodologie.
Deuxième réunion les 26 et 27 octobre 2001 : définition des recommandations à propos du Document de bonnes pratiques et aussi la proposition de site Internet et le fonctionnement du projet

Les rapports finaux, composés du Rapport Comparatif et du Document de bonnes pratiques ont été rédigés par cet équipe de Barcelone à partir des données et des informations fournies par chaque pays partenaire.

La méthodologie et les techniques employées ont été les suivantes:

réalisation d'entretiens semi-structurés dans des centres en présence de mineurs migrants non-accompagnés.
réalisation d'entretiens à des professionnels qui interviennent auprès de ce collectif.
Recherche bibliographique et documentaire.
Analyse des lois internationales, européennes et de chacun des pays membres qui participent au projet

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